En cette période j'ai envie de partager avec vous les merveilleux souvenirs que j'ai des fêtes de Noël de mon
enfance.
J'étais la première petite fille de mes grands parents paternels, quatre ans après est arrivée ma petite soeur Laure, et ils n'ont
pas eu d'autres petits enfants.
En bons italiens qu'ils étaient, ils adoraient les enfants et nous plus partulièrement.
Nous étions leurs étoiles, ils étaient notre soleil !
Alors juste un peu avant Noël, ma grand mère m'emmenait au Bon Marché, pour rencontrer le Père Noël !
Je me souviens de l'excitation que je ressentais mais aussi de la peur que j'éprouvais à l'idée de voir ce vieux bonhomme. Car à
cette époque les Pères Noël étaient de vieux Messieurs, qui avaient une voix grave. Pas comme aujourd'hui où l'on rencontre parfois dix pères Noël dans la même rue, qui sortent tout juste de
l'adolescence et sur lesquels même le maquillage ne trompe pas !
Le Père Noël de mon enfance était lui un vieux Monsieur, avec des vraies rides !
Il m'impressionnait lorsque je devais m'asseoir sur ses genoux, mais bien que sa voix fut grave, il était plein de
douceur.
Il me demandait si j'avais été bien sage, quelle question ? Évidemment que j'étais sage en ces temps là, puis ensuite il me demandait
ce que j'aimerais recevoir comme cadeaux.
Je n'ai pas le souvenir d'avoir eu à décliner des listes sans fin, un jouet unique suffisait pour nous rendre heureux
!
Cette épreuve passée, je repartais avec ma grand mère, en espérant que Monsieur le Père Noël avait bien enregistré ma petite
commande et qu'il ne m'oublierait pas...
Puis venait le grand jour du 24 décembre ! Tout un cérémonial dans notre famille !
Le matin de très bonne heure, ma grand mère, sortait sa farine et les oeufs. Elle faisait un puits de farine dans lequel elle cassait
les oeufs, puis ajoutait un peu d'eau et commençait à pétrir sa pâte (la pasta comme on dit chez nous), elle pétrissait, pétrissait, jusqu'à obtenir une magnifique et grosse boule de pâte,
qu'elle mettait à « reposer » sous un torchon !
Pendant le repos de la pâte elle préparait la farce, et moi je tournais autour d'elle en picorant régulièrement des petites
lichettes.
Elle faisait celle qui ne me voyait pas, et moi je croyais la duper !!!
Puis quand la pâte était bien reposée, elle sortait le manche de pioche qui lui servait de rouleau.
Je peux vous assurer qu'il en a roulé de la pasta, car ma grand-mère faisait des pâtes fraîches pratiquement tous les jours, un repas
sans pâte n'était pas un vrai repas chez mes grands parents.
Là, elle étalait avec une dextérité et une vitesse incroyables cette énorme boule en la saupoudrant régulièrement de farine, et peu à
peu je voyais la pâte devenir fine comme une nappe ! D'ailleurs c'était une véritable nappe puisqu'elle recouvrait toute la grande table de cuisine.
Ensuite elle découpait une petite partie de cette nappe de pâte, qu'elle taillait en « tagliatelle » à la vitesse de
l'éclair avec une sorte de hâchoir qui lui rasait les doigts ! C'était très impressionnant !
Je regrette aujourd'hui de ne pas avoir de photo de ces moments, heureusement il me reste les souvenirs.
A partir de cet instant, alors que ma grand-mère continuait de s'affairer à préparer le reste du repas de Noël, nous rentrions en
action mon grand père et moi !
Notre travail consistait à découper avec une petite roulette des petits carrés de pâte, c'était l'affaire de pépé, quant à moi je
devais déposer dans chaque petit carré un peu de farce, fort heureusement, j'en déposais un peu plus que je n'en mangeais. Puis ensuite, nous tournions ses petits carrés de façon à en faire des
« tortellini ». A mes débuts, je devais en faire un pendant que mon grand père en tournait une dizaine, mais avec les années, j'ai pris de l'assurance et ensuite nous faisions des
concours de vitesse de tournage de « tortellini ».
Les « tortellini » étaient ensuite soigneusement disposés sur de grandes planches de bois, en attendant d'être plongés dans
le bouillon de poule que mémé avait fait mijoté.
Mais la cuisson n'était faite qu'au dernier moment, car chez nous la pasta se mange al'dente !
Comme j'ai été suffisamment bavarde pour aujourd'hui, demain je vous raconterai la suite des beaux Noël de mon enfance !
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